Lorsqu'un film naît d'un postulat ou d'une idée aussi attractifs que "Le Procès du siècle", il peut parfois prendre le risque de se faire engloutir par son sujet qui se développe alors devant nos yeux en oubliant complètement son support cinématographique. Le dernier film de Mick Jackson ("Volcano" pour ne citer que lui...) est un véritable cas d'école. S'intéressant au duel judiciaire opposant l'historienne Deborah Lipstadt (Rachel Weisz qui semble visiblement plus excitée que nous d'être au centre de cette histoire) et l'universitaire négationniste David Irving (Timothy Spall qui nous rappelle grâce à sa performance qu'un bon sujet n'est rien sans l'aide de ses protagonistes), "Le Procès du siècle" a eu la fausse bonne idée de coller au plus près de la réalité. Que ce soit par soucis de se rapprocher au plus proche des faits ou par simple choix, là n'est pas la question. La véritable question étant, qu'est ce qui différencie ce film d'un documentaire? Peu de choses à vrai dire. Des scènes de procès reconstituées dans les moindres détails à ces images d'Auschwitz similaires à des archives visuelles aussi hantées que celles de "Nuit et Brouillard", le film se veut être d'un réalisme à toute épreuve qui le place dans une position délicate entre film d'investigation à la Oliver Stone et documentaire historique. De plus, la première demi-heure plombe l'intérêt du film à travers des explications assommantes des méandres de la justice anglaise. Ajoutez à cela des personnages caricaturaux qui évoluent de manière anarchiques, une réalisation digne d'un épisode de Perry Mason et vous obtiendrez un hommage raté à la vérité historique. Et pourtant, de par l'originalité du sujet sans doute, le film parvient à éveiller la curiosité jusqu'au bout tant les positions négationnistes ont été peu ou pas abordé dans le cinéma des 50 dernières années. Une oeuvre qui ne vit donc qu'à travers sa surface et qui n'ose jamais prendre des libertés avec son matériau d'origine. A refaire.