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le 3 oct. 2023
SuivreÂpre et radical
Je n'ai vu aucun film de Cédric Kahn avant celui-ci et je dois dire que j'ai été surpris par la radicalité du film. On a un film en huis clos (enfin à part la scène d'ouverture qui sert vraiment à...
Pour Le procès Goldman, Cédric Kahn a décidé de ne jamais quitter la salle de tribunal et ses débats, à deux ou trois scènes près. Pas de musique, pas de journaux de l'époque (1975) et encore moins de flashbacks : seulement le déroulement du procès, avec ses passes d'armes, les réactions d'une salle chauffée à blanc et une assez égale répartition entre les interventions de l'accusation et de la défense. Tout est fait, y compris la mise en scène, précise et sans fioritures, pour que le spectateur se retrouve in situ, au cœur des années 70, attentif à chaque prise de parole et puisse ainsi se faire sa propre religion. Le dispositif pourrait paraître austère et théâtral, il se révèle au contraire passionnant car la puissance du verbe y est magnifiée, à commencer par celle de Goldman, arrogant et provocateur, et celle de son avocat (Kiejman), matois et roublard. Si rien ne transpire de la façon dont est vécu le procès à l'extérieur, le film réussit pourtant le prodige de nous faire comprendre comment le France des années 70 se porte, entre les indignations de la gauche intellectuelle, le racisme et l'antisémitisme larvés, les méthodes de la police, etc. Et au bout du compte, les fragilités du fonctionnement de l'appareil judiciaire et du jugement humain apparaissent au grand jour. Le film ne se prononce pas sur la culpabilité de Goldman car ce n'est pas le sujet. Ce n'est que (la) justice, qui est rendue, avec des doutes et des interrogations sur la validité de son verdict.
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Créée
le 8 juin 2023
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