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le 3 mai 2017
SuivrePeck s'y trompe
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Plus qu'un film de procès, c'est en fait un mélodrame que nous propose ici Alfred Hitchcock. Le suspens habituel du genre est ainsi vite éventé pour laisser la place à la psychologie des personnages. Gregory Peck y joue Keane, un avocat brillant et ambitieux ayant laissé son côté humain en même temps que ses illusions de jeunesse. Charles Laughton joue un juge absolument détestable, faisant passer manifestement son égo avant la justice, et dont la seule raison pour rembarrer Keane est que sa femme se refuse à ses attentions débectantes.
Au milieu de tout ça, c'est pour les portraits féminins que le film vaut surtout la peine, encore que cela aurait gagné à être plus habitué. Keane est entouré de trois femmes : la fille d'un de ses collègues, à l'esprit affûté mais que sa jeunesse et sa beauté empêchent qu'elle soit prise au sérieux ; sa femme, modèle d'épouse dévouée qui voit avec désespoir son mari s'éloigner mais lui garde malgré tout sa confiance (oui, a priori pas un rôle des plus intéressants) ; mais surtout la prévenue, qui est de loin le principal intérêt du film.
C'est une femme accusée d'avoir tué son mari aveugle pour s'arroger la fortune, une jeune femme que l'on s'accorde à trouver d'un charme étrange. Mais dire en quoi ce portrait est une réussite serait révélé l'orientation prise par le film, on m'excusera donc de ne pas en dire plus. Elle est joué par Alida Valli, qu'on a pu apprécier dans Senso ou Les yeux sans visage (il faut dire qu'il y fallait des yeux expressifs, et que les siens le sont particulièrement). Elle trouve ici un très beau rôle, dans un film qui n'en est pas à la hauteur.
Parce que pour le reste, force est de constater que la mise en scène est un peu paresseuse, et même une tentative de suspens lors de la rencontre avec un témoin clé tombe plutôt à plat, un comble pour le maître du suspens. Les parties à la campagne, tout particulièrement, sont tournées en studio sans grand effort d'étoffer les plans.
C'est donc pour Alida Valli que l'on regardera avec plaisir Le procès Paradine.
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Créée
le 1 août 2026
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