Le prodige c'est un film qui veut parler d'un tournoi d'échec, d'un héros prodigieux mais tourmenté et de la guerre froide... et ça n'arrive à faire rien de tout ça, car c'est mille fois trop académique et pompeux pour faire quelque chose d'un temps soit peu intéressant.
On voit que c'est un film totalement faux lorsque l'on voit le gosse jouer aux échecs la nuit, en posant l'échiquier sur ses draps, avec sa chambre bien rangée, son lit bien fait, où tout est parfait. On dirait une chambre mortuaire, ce n'est pas un lieu de vie, c'est un lieu de mort.
Tout ça pour dire que ces gens sont des incapables, dès les premières minutes on se rend compte que ça ne va aller nulle part, que ça n'a aucune vocation à créer du vrai, juste faire un film à oscar totalement basique où tout est faux.
D'ailleurs le seul truc sympa du film c'est Liev Schreiber, qui joue le rival du héros et qui se révèle être lui-aussi un peu tourmenté, même si on n'en saura pas plus, tout le reste est ultra convenu. Tellement convenu et tellement grand public que le film ne se donne même pas la peine d'expliquer les stratégies ou bien même le jeu d'échec, on compare à la vraie guerre en disant "mitraillette", comme ça même le beauf du Texas comprend...
Donc en fait on a un film où il faut croire sur parole le fait que le type est un génie, car on ne sait pas ce que ça veut dire ce qu'il fait, et pour nous montrer qu'il réfléchit on a un montage bien nul où on le voit penser en noir et blanc le mouvement des pièces... trop visuel... trop tu me prends pour un con, mais filmer des pièces d'échecs au ralenti ça ne va pas me faire croire qu'il sait jouer...
Bref produit formaté.