Il n'y a pas que le sang qui soit rouge...

Le cadre historique.
Le film sortait dans un contexte électrique, l'horreur absolue de deux crimes d'enfants, celui de Marie-Dolorès Rambla huit ans, le 4 juin 1974 par Christian Ranucci... Et celui de Philippe Bertrand âgé de sept ans par Patrick Henry en janvier 1976. Les conditions sont particulièrement horribles. Le Président Giscard qui s'est prononcé personnellement contre la peine de mort, est sous pression médiatique. C'est Ranucci qui est décollé (décapité) le 28 juillet 1976.
Le film censuré enfin au cinéma (dans de rares salles en France)
Après le livre best seller de Gilles Perrault, on était jeune, toujours sous Giscard et Ranucci mis en doute, cela voulait dire que cela pouvait être chacun de nous aussi... Les coupures (on ne le savait pas à l'époque) dans le film le rendent chaotique, déroutant. On est sorti mal, traumatisé, tout le monde. Michel Drach en réalisateur & scénariste nous offrait l'un des plus grands films du cinéma français. Serge Avédikian jouait le rôle de sa vie. Le seul film ancré au fer rouge dans ma vie. Rouge comme ce maudit pull over, rouge comme le sang d'enfants martyrs, rouge comme la maison du bourreau (lire "Dieu et moi seul pouvons" de l'ancien bourreau d'Etat, Michel Folco !). Insupportable.
En 2018.
Que vaut ce film, jamais distribué en DVD en France ? Qui peut le voir encore maintenant. Et comment ce nouveau public jeune percevrait un tel film choc en dehors de son contexte historique ? Car ce film conduira Robert Badinter, garde des Sceaux et ministre de la Justice sous le gouvernement Pierre Mauroy à demander l'abolition en France de la peine de mort, devant l'Assemblée nationale le 17 septembre 1981. Cette affaire, ce livre, ce film, ont été le support principal de la requête, contre l'avis général de la population française contre l'abolition de la peine de mort. Certainement ce film reste intact car Ranucci était certainement coupable et surtout, Gilles Perrault reconnu avoir menti dans son livre.
Quand une telle affaire se conserve dans le temps, et son meilleur support en est ce film magistral, "Le pull-over rouge" est rentré dans la grande Histoire, celle écrite avec le sang des innocents, enfants, et du mensonge trop humain, idéologique. A voir et revoir sans fin comme tout dilemme de la conscience universelle.

jesuisici
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le 22 oct. 2018

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