Qui d'autre pour incarner un type tourmenté, fiévreux, halluciné ? Jean-Louis Barrault évidemment. L'acteur m'insupporte dans ses compositions récurrentes de malades aux confins de l'expressionnisme, le visage émacié et les yeux exorbités.
Il est ici le Puritain, aimable vocable pour désigner un fanatique religieux, un détraqué mystique qui a un petit problème avec les femmes, au point d'assassiner, dans la séquence d'ouverture, une femme de mauvaise vie qui loge dans sa pension de famille. Pierre Fresnay, commissaire clairvoyant avec son regard inquisiteur, mène l'enquête dans un rôle subalterne.
J'aurais préféré que le sujet se déporte sur le personnage du policier. Mais, précisément, il n'est pas le sujet du film. Dans cette intrigue policière sans suspense, et pour cause, c'est le personnage du Puritain, adhérent, nous dit-on, d'une organisation d'intégristes -"quelque part dans une ville du monde", pour ne froisser personne- qui est mis en lumière à travers un cas psychiatrique outré et surjoué, ce qui diminue sensiblement son intérêt. De surcroît, des pathologies similaires, on en a vues beaucoup depuis. Hors du temps, Jeff Musso semble voyager au bout de la nuit, en empruntant à Jack l'Eventreur et à Raskolnikov.