Kansas City Confidental est typique du petit film qui ne paye pas de mine mais qui, quand on cherche un peu, se taille a une grosse réputation. Et celle-ci est amplement méritée.
Parce que voilà un polar retor comme on les aime, qui ne cesse de prendre des chemins inattendus ou de nous balancer des rebondissements et des retournement de situation à la figure. Film de braquage, certes, mais pas que, loin de là (le braquage lui-même est expédié dans les 10 premières minutes). Il y a presque un côté Alfred Hitchcock Présente dans ce film, pour cette propension à trimballer le spectateur, sauf que ce qui constituait le twist final d'un épisode de la série d'Hitch, ici, ce n'est qu'un des nombreux virages que prend l'intrigue.
Au point que la réalisation pourtant propre de Karlson semble un peu juste (d'où peut-être aussi ce rappel aux Alfred Hitchcock Présente, juste fonctionnels en terme de réal): Quelque chose de plus démonstratif quant aux calculs, magouilles et réactions de tous ces personnages aurait été cool. Ca et un petit peu d'immoralité là-dedans, parce qu'autant les mecs ne rigolent pas pour se tirer dans les pattes et se mettre sur la gueule, autant il y aurait eu matière à encore un peu plus de perversité (surtout avec l'arrivée d'un love interest, et avec le personnage de marlou dragueur de Lee Van Cleef, par ailleurs seul acteur reconnaissable du casting), et tant qu'à faire, une fin un peu différente. Mais ce serait faire la fine bouche, parce que pour le reste, c'est vraiment vachement bien.