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SuivreUn raid sans rédemption
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Western hybride très curieux, adoptant un positionnement original vis-à-vis de la guerre de Sécession en plaçant les enjeux au nord des États-Unis, à la frontière entre les pays de l'Union et le Canada. Le camp des confédérés est montré comme à bout de souffle, acculé, en manque cruel de finances pour pouvoir continuer la guerre, et suit le parcours d'un petit groupe d'officiers prisonniers emmené par Van Heflin dans leur évasion. Un seul désir anime la troupe : semer le chaos dans une ville nordiste, et en profiter à l'occasion pour piller une banque afin de renflouer les caisses.
Pour ce faire, les évadés se lancent dans une mission d'infiltration pour le moins singulière, en immersion discrète dans une petite ville de l'arrière, censée être épargnée par les conflits loin des lignes de front. Autour de Van Heflin se forme un groupe hétérogène vivant non loin de là et explorant les alentours, sillonnant la ville en déguisement pour préparer l'assaut et le saccage, pendant que le chef du groupe passe quelques jours dans la peau d'un businessman canadien de passage profitant des joies de la région. Il ira jusqu'à développer des sentiments pour une famille locale, une veuve (interprétée par Anne Bancroft) et son enfant, alimentant une toile certes un peu rigide dans ses codes cinématographiques des années 1950 (certains dialogues poussifs, comme ce que dit très explicitement Helfin à Bancroft, en substance : "S’ils brûlaient Saint Alban, les comprendriez-vous ? Pourriez-vous leur pardonner ?") mais se démarquant nettement du western classique grâce à une absence de manichéisme très prononcée.
La galerie de personnages regorge de tempéraments contrastés, et ce au-delà du point de vue adopté — on se place quand même dans le camp des sudistes et futurs vaincus. En plus des personnages déjà évoqués se dressent deux représentants des pôles opposés, d'un côté Richard Boone en ancien soldat confédéré blessé qui dissimule un secret derrière son lourd handicap (un des personnages les plus attachants), et de l'autre Lee Marvin en bombe à retardement qui menace de faire capoter le plan si longtemps échafaudé (manifestation des pulsions extrêmes des infiltrés qui ne songent qu'à mettre le feu à la ville). Largement de quoi étendre le registre au-delà du western et l'intérêt au-delà d'une (fin de la) guerre.
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Créée
le 23 juil. 2024
Critique lue 41 fois
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le 19 nov. 2021
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