Portée par une Hafsia Herzi bouleversante de subtilité, l’œuvre dissèque l’isolement émotionnel d’une femme prise dans un engrenage de fiction réparatrice.
Le film met au jour une faille narcissique : Lydia, sage-femme, se fantasme mère pour combler un vide d’attachement. Ce déni du réel, nourri par la solitude, renvoie à des mécanismes de mensonge identitaire proches de la mythomanie défensive, non comme pathologie spectaculaire, mais comme stratégie de survie psychique dans un monde où les cadres sociaux du soin, du couple et de la maternité laissent peu de place à l’ambivalence.
La dimension sociologique n’est pas en reste : Kaltenbäck pointe discrètement la précarité affective des trentenaires urbaines, la charge émotionnelle féminine, et le regard normatif sur la maternité. Le mensonge de Lydia devient une forme d’auto-fiction pour exister dans un tissu social qui n’offre que peu d’espaces à ceux qui dévient des scripts attendus.