Question solitude, elle en connait un rayon !
Le film raconte les errances d'une jeune femme qui, à la suite d'une annulation de voyage, va errer durant ses vacances à la recherche de l'amour tout en constatant à quel point sa solitude la pèse et qu'elle est très indécise sur son avenir sentimental, car elle ne "sent" pas les rencontres qu'elle fait.
Tourné de manière improvisé, c'est du Eric Rohmer pur jus dans les dialogues, dans la mise en scène, mais la grande révolution, c'est qu'on y entend de la musique pour la seule fois de sa filmographie !
Plus je regarde ses films, plus je trouve que son univers me touche, car ses sujets sont vraiment universels, même si dans la vie, on ne raisonne pas forcément avec des phrases de Pascal !
L'improvisation passe par Marie Rivière, formidable de fragilité, en témoigne une très belle scène où, elle se ballade toute seule dans une foret, et se rendant compte de son immense solitude, elle se met à pleurer sous l'effet de vent qui semble la pointer elle dans l'immensité de la nature.
Ensuite, elle va rencontrer une Suédoise sur une plage de Biarritz, qui a une conception différente de l'amour : elle ne veut que s'amuser, profiter de la vie, rencontrer des gens, s'épanouir, et laisser parler ses pulsions, ce qui va provoquer chez le personnage de Marie Rivière un petit déclencheur qui va lui permettre d'avancer dans sa psychologie.
Quant au titre, il provient d'une lumière verte se produisant lors d'un coucher de soleil au large de l'horizon, par temps clair, et ce rayon aurait le "pouvoir" de se révéler et de connaitre les sentiments des autres, ce dont cette jeune femme en est persuadée à la fin du film, car pour la première fois, elle semble enfin s'ouvrir à l'amour.
Je sais que les films de Rohmer provoquent souvent des levées de bouclier, ne serait-ce que pour leurs dialogues très littéraires, l'aspect paresseux de la mise en scène, le manque d'action.
Or, pour moi, il n'en est rien ; c'est un réalisateur que je conchiais il y a quelques années (pour l'instant, il n'y a que son dernier film dont je n'accroche pas), mais plus ça va, plus je trouve que ses films me parlent, parlent de l'amour comme on ne l'a jamais entendu dans la cinéma français : Rohmer touche vraiment à l'universalité des sentiments !