Oui, Lon Chaney était un immense comédien et il n’a pas volé son surnom de « l’homme aux 1000 visages » tant sa capacité à se grimer et jouer de son physique étaient grandes. Le Fantôme de l’Opéra et le Bossu de Notre-Dame, c’était lui, entre autres performances. Mais force est de constater que même lui n’arrive pas à sauver vraiment ce film de 1922 réalisé par Tom Forman. Ce dernier a commencé comme acteur avant de devenir réalisateur. Chaney y joue Yen Si, un Chinois rejeté par une tempête sur les côtes d’un village américain. Il y ouvre une laverie et se lie d’amitié avec le nouveau pasteur du village et la femme de ce dernier, Sympathy. Mais il doit aussi affronter l’hostilité et le mépris d’une partie de la population locale, blanche et très croyante. En Yen Si, Chaney se révèle une nouvelle fois bluffant, réussissant même sans parole à faire passer des tas d’émotions sur son visage et dans son corps, de la tristesse à la ruse finale qui permet de révéler le coup monté contre son ami le pasteur. Ce dernier s’est mis en tête de le convertir au christianisme coûte que coûte…L’histoire se résume à un mélo très moralisateur, imprégnée de valeurs chrétiennes (presque une application de certains des 10 commandements…), le Chinois étant forcément vu comme un païen et qui ne peut assurer son salut qu’en devenant chrétien. Ce prêchi-prêcha continu finit par être usant, l’histoire ne cassant pas trois pattes à un canard et la réalisation de Forman étant assez plate. Alors, non, la prestation de Chaney, comme toujours impeccable et juste, ne suffit pas à rendre ce film intéressant. Et à la fin, sur son lit de mort, que pensez-vous qu’il arrive à Yen Si ? Eh bien, tel l’Empereur Constantin, il se convertit…