Lydia est une jeune fille fortunée qui cherche l'étourdissement en participant à des fêtes régulières, des orgies plutôt. Elle est convoitée par beaucoup, mais seul O'Bannon, jeune avocat promis à un brillant avenir, l'aime pour ce qu'elle est, et non pour ce qu'elle donne à voir. Lorsque Lydia cause la mort d'un policier, il va s'occuper de l'accusation pour la secouer et la faire sortir de son mode de vie sybarite.
Réquisitoire est un film de Cecil B. DeMille, connu pour ses productions fastueuses, ses peplums et ses westerns. Il y a ici aussi un côté grandiloquent, avec des scènes venues, justement du péplum, montrant les orgies antiques, accolant par le montage un combat de gladiateur et un ring de boxe où combattent les femmes de la haute société. Le film n'est donc pas avare en images étonnantes.
Leatrice Joy, jouant Lydia, convainc à la fois dans les deux parties de son rôle, odieuse dans la première partie et repentie dans la seconde.
L'intrigue est simple, mais intéressante toutefois. On ne tombe pas tous les jours sur un avocat déterminé à condamner celle qu'il aime, dût-il se détruire lui-même, pas seulement pour la justice, mais aussi pour le bien de la jeune femme. Lydia est bien trop frivole, et suffisamment insupportable pour qu'on se demande bien, tout d'abord, ce qu'il peut bien lui trouver, lui qui n'a pas l'air à sa place dans les orgies. On la voit au début du film rivalisant de vitesse avec un train, puis tentant de corrompre le policier qui la verbalise avec un bracelet de diamants. Or, elle enverra sa femme de chambre en prison, car celle-ci lui a dérobé un bijou pour s'occuper de son fils malade, car elle n'avait pu obtenir une avance de Lydia. Les deux faits juxtaposés, ainsi que le dénouement de cet épisode, montrent toute l'inconséquence de Lydia.
Manslaughter (titre V.O) se présente donc comme une satire acerbe de la haute société. Mais n'oublie pas de jouer sur la corde sensible, nous présentant une histoire d'amour, en définitive, très émouvante.