J'ai tellement envie de découvrir Minotaure, le nouveau film du rare Andrei Zviaguintsev qui vient de remporter le Grand Prix à Cannes, que je viens de décider de revoir tous ses films. Il n'y en a que 5, et j'avais il a quelques temps acheté un superbe coffret bluray les contenant tous, et les revoir dans d'aussi belles conditions est absolument génial. J'avais littéralement adoré son premier film, Le Retour, à sa sortie en salle en 2003, et plus de 20 ans plus tard (je l'avais revu une fois entre temps), le choc est encore plus fort. C'est un immense premier film, et un immense film tout court, à la mise en scène et à l'image tellement abouties pour un coup d'essai. En revoyant le film aujourd'hui, où le sujet est simple, il s'agit de tuer le père, ce qui saute aux yeux c'est que tuer le père c'est aussi tuer l'agresseur, mais c'est aussi que ce père, qui d'ailleurs est durant tout le film montré comme une sorte de dieu, de Christ déchu, est aussi une métaphore de la dictature russe. Zviaguinstev fait ce film au tout début des années 2000, Poutine vient d'accéder au pouvoir, et cette figure autoritaire paternelle et nocive qui revient et qui veut imposer sa loi dans cette famille qui vivant heureuse sans lui, a, avec le recul, forcément aussi le visage de Poutine.