En 1952: alors qu'une inondation d'ampleur menace la commune de Brescello battue par des pluies torrentielles, le garagiste-maire Peppone refait revenir en douce Don Camillo en pénitence dans un bourg de montagne...
Je ne chroniquerai que ce second opus, le meilleur de la franchise selon moi car il y a bien la patte ultra-pessimiste de Duvivier, symbolisant à merveille son cinéma souvent désabusé ou l'empathie pour son prochain est rarissime.
Le cinéaste est loin du dépliant touristique pour vacanciers en goguette: ici c'est une Émilie- Romagne de grisaille ou le froid et la pluie gèlent les os. Les eaux menacent en montant inexorablement à Brescello au point que ce brave Peppone doit rappeler en cata son meilleur ennemi. Comme toujours, on sent cette complicité non feinte entre Gino Cervi et Fernandel, cette amitié vacharde à l'image du repas chez Peppone.
Les seconds rôles sont au diapason, fignolés par René Barjavel, mention spéciale au Dr Spiletti joué par Delmont qui n'arrête pas de vouloir cesser de mourir.
La séquence récréative est quand Don Camillo va chercher Peppone junior qui déteste l'école mais aime musarder sinon le spectateur baigne dans une semie-noirceur ou la mort (que ce soit le vieux médecin ou les eaux folles) attend son heure pour ravir son quota d'âmes en souffrance