C’est la première réalisation de Masayuki Miyaji et de Masashi Ando. Ce dernier est une pointure de l’animation en aillant auparavant travaillé sur Le Voyage de Chihiro et Your Name. Le scénario a été écrit par Taku Kishimoto en adaptan le roman de Nahoko Uehashi, Shika no Ou. Le Roi Cerf a été présenté au Festival du Film d'Animation d'Annecy 2021.
En termes qualitatifs, le cinéma d’animation japonais nous déçoit rarement. On peut même dire qu’il est source de nombreux chefs-d'œuvre. Cette fois-ci encore, ce sera un énorme coup de cœur que nous propose le distributeur Star Invest Films France. Attention, Le Roi Cerf est clairement destiné à un public adulte. L’histoire sombre conte la querelle entre une nation et un peuple dont le pays avait été conquis. Une malédiction va venir se mettre entre eux et bouger les lignes.
Sur le fond, des thématiques passionnantes vont être abordées. Tout d’abord on s'émoi de la relation entre Van et la petite Yuna qu’il recueille. Un amour pur d’un père pour sa fille. Leur relation va grandir et devenir de plus en plus touchante. Certains passages sont d’une rare beauté. Ce film d’animation a aussi un porté politique pertinent. C’est l’histoire d’un peuple près à tout pour son indépendance. On voit l’importance pour un homme d’être libre, mais aussi les pires horreurs qu’il peut faire si on l’oppresse. Moralement où sont les limites ? Finalement, chacun se fera son idée de savoir la légitimité de ces exactions.
Bien que parfois, un peu sinueux, le scénario arrive à créer de vrais enjeux. Il faut cependant bien suivre, car il est riche en information. Entre complot et sang, on voit que ce sont les adultes visés. Cela se ressent aussi dans le visuel. Les dessins sont sublimes et rappellent les créations du Studio Ghibli. Ce style « old school » est un régal. Dans les affrontements, le trait est vif et on ressent la violence des personnages.
Les protagonistes ont bien entendu un rôle primordial. Leur construction est parfaite. Même si on ne se penchait pas une éternité sur leur passé, on arrive tout de même à bien les cerner. Les rôles secondaires vont être plus ambigus dans leur motivation et dans leur positionnement. Ce n’est pas un défaut, au contraire. Cela va permettre de ne pas avoir un déroulé linéaire. C’est un reflet de la complexité de ce genre de conflit.