Le film de P. Lewandowski est un de ces (nombreux) films qui tente de relater les conditions de vies des jeunes immigrants dans leur pays "d'accueil" (je dis bien sur accueil avec toute l'ironie possible et met le mot entre "" afin de bien marque le mauvais gout que cela engendre, tant on connait la triste réalité derriere le mot, sencé véhiculer des notions positives).
Pays d'acceuil - quel qu'il soit, ici l'Allemagne, cela pourrait être la France, l'Italie, la Belgique.... qui aboutissent immanquablement à ce que ces pauvres gens finissent par vivre de débrouille, de traffics, et d'être à la merci de mafias qui leur soutirent le peu de moyens qu'ils arrivent à générer pour à peine subsister.
Le long métrage de PJL est complètement dans cette univers. Il en épouse les codes et en présente les travers habituels.
Ici, donc, un jeune homme beau comme un dieux / Darko - Malik Blumenthal (de l'émission de TV Mariés au premier regard), macédonien, (je pourrai dire donc beau comme un grec) vivant en Allemagne de petits traffics de pièces de voitures et d'élevages de pigeons pour les mariages. Il doit s'occuper de sa maman en totale perte de mémoire, et de ses deux comparses qui exercent pour lui une fratrie " à la vie - à la mort".
Lors d'une rixe il est jeté à l'eau pour avoir refusé de se soumettre au mafieux local et frise la mort car il ne sait pas nagé. Il est sauvé par une jeune artiste allemande (Alina / Antje Traue) elle même en dépression amoureuse. Le film décrit la difficulté pour Darko de contenter tout le monde et d'assumer son amour. Il doit sans cesse composer avec la "famille" ses exigences et ses contraintes, et sa copine qui elle-même à des difficultés à clarifier son ancienne relation. L'issue ne peut être que tragique sur tout les plans.
Le film est bien monté et repose sur la prestation de Malik Blumenthal (Darko) et de Antje Traue (Alina).
Les très nombreuses prises de vues en nocturne sont réussies.
La fête du début fait penser momentanément à l'univers de Kusturica (en moins abouti), les traffics dans les casses auto sont assez banales mais bien exploitées, et la passion colombophile de Darko évoque (de loin et en moins bien exploitée) Ghost Dog et F. Withaker. L'attirance du "frère" boiteux de Darko pour celui-ci, évoquant une homosexualité refoulée est assez mal exploitée, alors que la naïveté du troisième comparse qui rêve de devenir caïd est traité avec soin. Le traitement de la maladie de la mère de Darko est plutôt bien trouvé mais demeure assez brouillon à la fin et revient souvent sans réellement rajouter de clarification à l'oeuvre.
L'ensemble est donc de bonne facture et correctement réalisé, même si rien n'est particulièrement nouveaux.
Il n'en reste pas moins, et c'est mon avis personnel, que tous ces films ont une trame identique, un coté mélodramatique convenu, sans issue et une linéarité assez prévisible. Je ne dis pas que cela hypothèque la qualité globale du long métrage; simplement cela fini par produire des clones de films assez peut innovants, pour lesquels un peu plus de densité et d'âme seraient bienvenus.
Cela serait ma critique majeure, même s'il faut avouer que le jeune Blumenthal rayonne dans sont rôle. Cela réhausse l'avis que j'ai de son jeu par rapport à ses prestations télévisuelles (je ne les connais pas mais j'imagine fort bien).
Ma note sera un peu supérieure à la moyenne, mais pas plus.
Cette critique étant la premiere sur SC pour ce film, je suis impatient de connaitre l'avis et le ressenti des autres spectateurs.