The Great Impostor surprend par sa tonalité dramatique appliquée à une suite d’arnaques qui visent moins à satisfaire l’orgueil démesuré de Ferdinand qu’à le raccorder au service de l’autre : en effet, le mensonge ne sert aucunement un quelconque enrichissement mais profite aux écoliers, aux détenus, aux blessés de guerre, aux gradés souffrant d’une rage de dent ; le détournement des codes militaires, religieux ou professoraux refuse l’offense et la grivoiserie au profit d’une découverte amusée et amusante de modes de vie singuliers, de corps de métier réputés supérieurs (ceux qui combattent, ceux qui prient) dans l’idée d’échapper au statut de laboratores transmis par le père. Dès lors, le rythme de la mise en scène de Robert Mulligan ne se subordonne pas à une finalité burlesque, privilégie la précision et, donc, la lenteur, scrute tel l’œil d’un praticien les situations cocasses dans lesquelles se retrouve l’imposteur. Pour interpréter ce dernier, un Tony Curtis drôle et sensible, porteur de son inimitable espièglerie. Une petite réussite qui souffre hélas de longueurs.