Le titre que j'ai choisi pour cet avis en dit déjà beaucoup, il y a peu à ajouter.
Il dit à tout le moins que cela n'aurait aucun sens de voir ce "Le Roi Scorpion" si vous n'avez pas déjà visionné l'œuvre de référence. Pour tenter une comparaison : que vaut le visionnage d'un "Creed" si vous n'avez pas vu un seul "Rocky" ? Que vaut le visionnage d'un "Prometheus" si vous n'avez pas vu Alien le huitième passager ?
Pour préciser, il y a différentes manières de voir les choses, différentes strates/niveaux quand un film se place clairement dans le sillage du succès d'un film plus ancien :
1- Le film reprend certains codes des péplums en ce compris Conan mais a sa propre identité
2- Le film est inspiré par Conan mais peine à se démarquer
3- Le film n'est qu'un mauvais plagiat de Conan
Pour ce film, il me semble que l'on est entre la deuxième et la troisième option ; on a donc un film très très inspiré par Conan mais sans être un plagiat total de série B.
La circonstance qui fait que l'on est quand même assez proche du plagiat tient à la question des serpents. Dans Conan le barbare, Arnold Schwarzenegger affronte le culte du serpent (lequel inclut des sacrifices humains au profit d'un serpent géant). Pour le film "Le Roi Scorpion", on ne nous présente pas un Scorpion géant (malgré le titre du film), pas du tout ; non il y a encore des serpents mais de taille ordinaire...
Ce que je décris dans le paragraphe qui précède pourrait résumer tout le film ; un demi-plagiat de Conan le barbare avec moins de moyens, moins d'ambition, un acteur avec (légèrement) moins de charisme et des musiques très en retrait pas rapport à l'œuvre qui a très clairement inspiré le film.
Si on sort de l'inévitable comparaison avec le film de John Milius et d'Oliver Stone ; on a un divertissement efficace. Le film a la bonne idée d'être relativement court (à peine plus de 90 minutes) avec un bon rythme et des répliques souvent faciles mais qui fonctionnent. Les personnages sont assez caricaturaux, les rebondissements sont prévisibles mais ça fonctionne ; on est en présence d'un pizza-movie tout à fait décent.
En synthèse : un film divertissant qui reste et restera dans l'ombre de l'œuvre qu'il a tenté de copier.