Après avoir apprécié (mais sans excès) "Un prophète", son grand concurrent Cannois, j'attendais avec intérêt la Palme d'or 2009, et ce même si mes rares incursions dans le cinéma d'Haneke ne m'avaient jusqu'ici qu'à moitié convaincues. Hélas, la confirmation de cette impression s'est confirmée après visionnage de ce "Ruban blanc". Ne faisons toutefois pas trop la fine bouche, car le film n'est évidemment pas sans qualités : une photographie d'une renversante beauté, une histoire au premier abord séduisante et quelques passages franchement prenants. Mais tout de même! Hormis cela, que retient-on finalement de ces (très) longues 150 minutes? Rien, ou presque. On s'ennuie la plupart du temps, attendant qu'un peu de mouvement qui ne viendra quasiment jamais vienne dynamiter ces longues plages de discussions régulièrement barbantes. Reste néanmoins quelques vrais éclairs de génie et une violence, un malaise suggéré avec habileté et talent, mais on demeure au final fort dubitatif devant cette œuvre âpre et dense, mais beaucoup trop longue et froide pour nous séduire. Une déception.