The Saint rate à peu près tout ce qu’il entreprend, rend un hommage poussif à une série télévisée qu’il dénature par la même occasion, revient aux romans de Leslie Charteris en confondant leurs intrigues, orchestre la variation américaine d’un matériau anglais, ce qui suppose la disparition du charme et de la subtilité au profit d’un spectaculaire de pacotille – en témoigne la séquence d’ouverture, qui se repaît d’un drame en utilisant ralenti et effets spéciaux – sans cohérence ni efficacité aucune. Le pauvre Val Kilmer est affublé de costumes invraisemblables et réhaussé de postiches en si grand nombre qu’il peut en changer entre deux plans ; il apparaît telle une marionnette que l’on habille ou que l’on déshabille, au choix, dans la continuité de son travestissement (lui hilarant) dans Willow (Ron Howard, 1988). Seule la partition musicale de Graeme Revell apporte une étrangeté bienvenue, prolongeant des explorations entendues l’année précédente dans The Crow (Alex Proyas, 1996).