D'abord saisissant dans sa violence froide et clinique, le film ne cesse de chercher à ramener la barbarie dans les cases de l'institution. Interminables pourparlers judiciaires sur la santé mentale de l'homme qui tranchent avec les visions hallucinées de sa monstruosité. Même le réalisateur semble avoir eu peur de l'insoutenabilité de ses sequences de meurtre. Et peut-être tant mieux. Un tel cauchemar se loge déjà dans l'esprit de manière insupportable. Jusque dans le grain de l'image, la musique lancinante, le montage tour à tour indolent et elliptique, le malaise grandit, plus puissant dans ses imperfections bricolées que si les effets avaient été soignés par un savoir-faire hollywoodien. Le métrage semble possédé par des forces obscures, plus pernicieuses encore que dans l'Exorciste qui libérait au moins un peu la tension par le grand-guignol. Je déteste cordialement ce film, mais ne peut nier son efficacité. Il est sans doute bon qu'il demeure invisible.