L'affiche et le nom du film en jettent vraiment. Mais le film est finalement assez sobre dans l'ensemble.
C'est un péplum qui romance le destin d'Attila, le "Fléau de Dieu" dans l'Empire romain à son crépuscule dans les 450s alors toujours submergé par les invasions barbares. Le film sorti pendant la Guerre froide avec son fond de maccarthisme prend un certain parti pris idéologique en mettant en scène ces peuples venus de l'Est. Douglas Sirk falsifie aussi l'Histoire (déplaçant la capitale d'Occident à Rome, inversant les rôles des deux empires) pour servir la dimension dramatique à son œuvre.
Dans la qualité que je pourrais attribuer à ce film ce sont les acteurs qui jouent bien. Jack Pallance campe un Attila très charismatique à chacune de ses apparitions (notamment sa scène d'entrée au palais de Théodose II). Idem pour rôle Jeff Chandler campant le centurion Marcien. Il y a la magnifique Ludmilla Tchérina dans le rôle de la princesse Pulcheria soeur de l'empereur d'Orient. Enfin on peut saluer la performance touchante de Rita Gam en Kurba fille d'Attila.
Les décors, certes un peu kitsch, font l'affaire. Ce qui est dommage c'est vraiment le côté studio qu'on ressent trop souvent pour les scènes en extérieur. Néanmoins je trouve que certaines scènes réalisés en studios sont vraiment belles (une scène impliquant un brouillard laiteux). Heureusement que dans toutes les scènes de dialogues on trouve quelques courtes scènes de chevauchées des barbares filmées en décors naturels. Le scènes de combat sont très moles, mais ça ne devait pas être ce qui intéressait le plus le cinéaste. Le "Signe du païen" (sorte de totem) n'est presque jamais évoqué, ni même la religion de ces barbares. C'est tout le contraire du christianisme (symboles et religion), magnifiquement mis en scène.