Ce film n'est pas "horrible" à proprement parler (et je ne suis pas une grande fan d'hémoglobine ni d'horreur), il y règne plutôt une atmosphère oppressante qui nous porte du début à la fin (des premières aux dernières images).
Mais ce qui m'a le plus séduite est le pan psychologique dont la figure principale est le Dr Hannibal, ancien psychiatre devenu cannibale.
L'enjeu est simple mais crucial : Clarice Starling, une jeune agent du FBI, doit convaincre le Dr Hannibal, qui est enfermé en prison, de lui fournir des informations et le portrait psychologique de Buffalo Bill, un tueur en série qui dépèce ses victimes.
La relation qui se crée entre Clarice et le Dr Hannibal est très ambivalente : entre fascinations pour ce qui nous dépasse et révulsion pour ce qui nous fait horreur.
Leurs échanges nous feraient presque oublier le psychopathe qu'est le Dr Hannibal, ne réfléchissant qu'avec la partie froide et calculatrice de son esprit sans aucune once de remords ni de compassion.
Même si les éléments de suspense sont assez prévisibles, le réalisateur réussit quand même à nous surprendre et à nous tenir en haleine.
La critique principale que je pourrais faire, concerne le manque de profondeur du personnage du Dr Hannibal Lecter, dans le sens où on ne sait pas grand-chose de lui. Pourquoi ce glissement vers le cannibalisme ? Quel genre d'homme était-il ? Qu'a-t-il vécu ? Tout cela n'est pas assez creusé et ne nous permet pas de cerner le personnage dans son entièreté.
Le Silence des agneaux reste bien sûr un très bon film où tout n'est que métaphore et phrases voilées qui cachent une vérité atroce.