Il se tient droit, la soutenant du regard avec ses yeux bleu azur perturbants, sourire en coin derrière cette vitre blindée. Il c'est le Dr. Hannibal Lecter, surnommé Hannibal le cannibale. Elle c'est Clarice Starling, jeune recrue du FBI. Le monde assiste alors à l'une des rencontres cinématographiques les plus fascinantes des années 1990. "Le Silence des agneaux" est lancé. Le résultat est un chef-d’œuvre !
Une ambiance angoissante
Dès l'introduction, avec cette scène où l'on voit Clarice Starling (Jodie Foster) courir dans les bois, la brume en toile de fond, le réalisateur Jonathan Demme met en place une ambiance anxiogène qui va se développer petit à petit tout le long du film. Les décors, très bien choisis, sont particulièrement propices à distiller ce sentiment de torpeur qui ne quitte jamais le spectateur. C'est ainsi qu'on est baladés pendant presque deux heures entre le QG du FBI, l'hôpital psychiatrique où est emmuré Hannibal Lecter (Anthony Hopkins) ou encore les coins paumés de l'Ohio.
Ces lieux, d'une tristesse à faire peur, sont en totale harmonie avec le récit. L'hôpital psychiatrique avec ces pierres grisâtres, par exemple, contribue à resserrer le cadre entre Hannibal et Clarice. Pas étonnant que le réalisateur ait notamment choisi d'utiliser le gros plan pour filmer ces scènes. Mieux encore, la musique presque mystique composée par Howard Shore est l'une des grandes qualités du film et place définitivement ce long-métrage dans un cadre effrayant. C'est la cerise sur le gâteau !
Des acteurs extraordinaires
Le choix des acteurs pour un réalisateur n'est pas toujours facile. Alors que Gene Hackman devait jouer dans le film, il s'en est finalement éloigné, considérant l’œuvre comme trop violente. Plus tard, le nom de Robert Duvall avait été évoqué mais c'est finalement Anthony Hopkins qui a été choisi. Et quel bon choix de casting ! Rien qu'avec son regard glacial et impénétrable, il m'a cloué au siège : il est effrayant. Mais c'est aussi son phrasé et sa gestuelle qui font de sa performance un véritable bijou. Oscar mérité.
Que dire de plus de Jodie Foster ? Là aussi plusieurs grands noms avaient été approchés : Michelle Pfeiffer, Kim Basinger, Emma Thompson ou encore Meg Ryan. C'est finalement Jodie Foster qui interprétera le rôle. Ses yeux bleu viennent en parfaite complémentarité avec ceux de Hopkins. Le réalisateur joue clairement là-dessus et c'est fascinant. Il y a une grande ambiguïté dans leur relation. Se joue-t-il d'elle ou bien entend-t-il vraiment l'aider ?
Oscar également mérité pour Jodie Foster.
Un récit palpitant
Ceux qui me connaissent savent que j'adore les thrillers ... tout simplement parce que c'est le genre cinématographique dans lequel on trouve le plus souvent du suspense. Et qui dit suspense dit surprise. Personnellement, c'est cela que j'attends d'un film : être surpris ! Avec "Le Silence des agneaux", on a de quoi être surpris. Le film ne propose pas vraiment de twist comme dans un "Seven" par exemple, mais il y a quand même de quoi être étonné avec ce long-métrage.
En effet, ce qui m'a le plus surpris a été l'angle d'attaque du film. Le parti pris ici est finalement de dévoiler assez rapidement le visage du tueur dans le film. En ce qui me concerne, j'ai trouvé cela intéressant tout bonnement car ça n'est fait que pour mieux servir la relation entre les deux personnages principaux. Effectivement, cette tournure scénaristique permet de renforcer le côté malsain du récit, Hannibal Lecter connaissant l'identité du fameux Buffalo Bill. Mais plutôt que de s'enfermer dans le silence ou de tout dévoiler dès le début, le cannibale préfère diffuser les indices petit à petit, donnant donc au film une ampleur psychologique. Enfin, le film surprend aussi pour la violence visuelle de certaines scènes mais sans jamais rentrer dans la surenchère.
Un grand chef-d’œuvre
"Le Silence des agneaux" est pour moi typiquement le modèle de réussite dans le genre du thriller. Jonathan Demme réussit à mettre en place une ambiance sombre et mystérieuse qui sert le développement de l'histoire avec la plus grande cohérence. Parfois avec très peu voire pas grand-chose, on se surprend à avoir des frissons. Que dire alors quand il se passe vraiment quelque chose ?
Ma note : 10/10.