Le baseball n'est pas un sport très répandu en France, ça tout le monde le sait, donc un film sur le baseball n'a pas l'air intéressant au premier abord. Heureusement ce film ne porte pas sur le baseball. Enfin un peu quand même. Disons qu'il ne faut pas tout de suite le catégoriser en tant que film de sport. Je dirais que c'est plus un drame humain et familial porté, entre autres, par un Brad Pitt exceptionnel.
Mais avant de parler de Mister Brad et de sa performance monstrueuse, j'aimerais parler de deux choses très importantes.
D'abord, la participation d'Aaron Sorkin à l'élaboration du scénario a été un avantage plus que bénéfique pour le film. Les répliques volent et les dialogues sont de très hauts niveaux. Sans parler des nombreux fils rouges que l'on retrouve ici, et qui permettent d'étoffer l'histoire au maximum, ainsi que les personnages. Je pense bien sur à l'histoire entre Brad Pitt et sa fille, qui dévoile la face cachée de Billy Beane, et qui permet à l'acteur de rendre son jeu plus complet.
Ensuite, je voudrais parler du travail de Wally Pfister sur la photographie. Pour info, c'est le directeur photo personnel de Christopher Nolan, autant dire qu'il n'a pas l'habitude de travailler avec des manchots. Et il a réussi à rendre les matchs magnifique à l'écran. Ils ont tourné dans le stade d'Oakland mais Pfister a décidé de n'allumer que la moitié des projecteur pour créer cette ambiance d'intimité entre le batteur et le spectateur. Le spectateur qui, du coup, est au coeur de l'action et complètement impliqué dans l'histoire.
Autre point très important qui participe à la réussite du film, j'en ai parlé dans l'intro, est la prestation générale des acteurs en particulier celle de Brad Pitt. Dans ce film il est, je trouve, Monumental ! Probablement un de ses meilleurs rôles sans aucune hésitation. Il fallait un grand acteur pour jouer ce personnages aux multiples facettes, et Brad Pitt a été immense. Il est touchant, drôle, et arrive à nous émouvoir à lui tout seul. Bref, il porte le film encore plus haut.
Jonah Hill est également une bonne surprise et une vraie révélation. Lui qui a plus l'habitude de faire le con devant la caméra plutôt que d'exprimer de vrais sentiments, il livre ici un prestation étonnante, bien loin de ses pitreries habituelles. Et le bonhomme est bien à l'aise.
Ensuite on pourra remarquer qu'une nouvelle fois Philip Seymour Hoffman (Que Bennett Miller avait déjà dirigé dans Truman Capote) est impeccable. Sans trop en faire, un peu en retrait par rapport aux autres il colle bien à son personnage.
Une bande sonore au top portée par un thème récurrent sorti de The Mighty Rio Grande de This Will Destroy You. Franchement je pourrais parler de toutes ses qualités sans mentionner de défauts. Et pourtant il y en a. Un peu, mais il y en a. Je pense à ce début un peu vague qui ne situe pas bien le spectateur dans l'histoire, ou à la réalisation de Bennett Miller, qui est certes, très bien, mais je pense que le monsieur avait les moyens et le savoir faire pour viser mieux.
Malgré tout, le film n'en est pas moins excellent, et a constitué une très bonne surprise pour moi à la fin de l'année 2011 (oula ça date tout ça..). Je l'ai vu en salle, sans en attendre des folies, et j'ai en fait adoré le film. En plus d'abordé les relations humaines, il aborde les relations professionnelles dans ce sport qu'est le baseball. On peut s'imaginer énormément de choses sur les coulisses et on se rend finalement compte que la réalité est bien plus dure qu'elle n'y paraît pour certains. Implacable réalité qu'est celle du sport de haut niveau.