De Bennett Miller on attendait la maîtrise dont il avait fait preuve avec Truman Capote.
Dommage.
Ce film au postulat de départ intéressant peine à convaincre totalement...
Si l'image est soignée, parfois brouillonne, parfois distante, parfois engagée et le scénario intéressant (même si les deux heures et quart sont un peu longuettes... la faute à quelques redites) il manque quelque chose à ce film.
Si un heureux cynisme (avec un regard très business porté sur ce sport, via le personnage de Brad Pitt, qui pense chiffres et non hommes) vient souffler un air plutôt rafraîchissant dans le genre du film de sport qui se contentait de montrer le terrain, les bonnes émotions alourdissent terriblement le film (l'inutilité totale des personnages de sa ridicule petite fille pseudo chanteuse et de son ex-femme qui certes est interprétée par Robin Wright mais n'apparaît que 5 minutes...) et lui donne cet aspect hollywoodien qu'il tentait pourtant de fuir.
On alterne donc entre des scènes niaises et maladroites et des très réussies (comme cette multiple et longue négociation de vente de joueur par téléphone, où Brad Pitt et Jonah Hill s'en donnent à coeur joie).
Brad Pitt est insupportable, sourire de pauvre con toujours rivé sur son visage, attitudes négligées et tics barbants. Mais en cela il prouve peut-être encore une fois qu'il est un bon acteur, en donnant tout cet aspect à un personnage qui le mérite.