Un film lourdaud et ennuyeux, encore alourdi par une tonne de longs flashbacks en noir et blanc à Auschwitz qui n'apportent rien à l'histoire. Rien ne m'a enthousiasmée ou émue dans cette grosse production soignée qui veut forcer l'émotion mais le fait de manière trop appuyée et maladroite.
La Shoah en noir et blanc, c'est Spielberg qui possède le copyright, alors faudrait trouver autre chose. Et d'abord, pourquoi le noir et blanc ? Ce n'est absolument pas justifié et pour deux raisons : primo, les scènes à Auschwitz et celles à New York ne sont séparées que de 8 ans seulement et secondo, les souvenirs traumatisants de Harry Haft sont encore très vivaces et lui pourrissent la vie au quotidien. Il n'y a donc aucune raison pour délaisser la couleur. Je trouve au contraire que des images du camp en couleurs auraient été beaucoup plus choquantes et auraient eu plus d'impact.
Harry Haft avait 16 ans quand il boxait à Auschwitz. J'ai beau adorer Ben Foster et apprécier son physique juvénile, personne ne peut nier qu'il est beaucoup trop vieux (40 ans) pour le rôle. Entre un mec de 40 ans et un ado de 16 ans, il y a un monde. Qu'un gamin de 16 ans ait été enrôlé et entraîné par les nazis pour boxer d'autres prisonniers pour sauver sa peau, on le comprend mieux que si c'est un quadragénaire - qui paraît encore plus vieux du fait de l'amaigrissement de Foster. Je trouve que ça aurait eu plus d'impact émotionnel de voir un ado innocent obligé de choisir entre sauver sa vie et causer la mort d'autres prisonniers qu'un homme d'âge mûr qui a plus de recul. Et puis, c'est juste une question de respect de la vérité historique.
De toute façon, le film fonctionne mieux dans ses scènes post-Auschwitz en 1949. Il arrive même à toucher dans quelques scènes où Haft est aux prises avec ses souvenirs, grâce au jeu de Foster.
Je ne suis pas très fan des performances à base d'amaigrissement ou d'engraissement spectaculaire. Dans le cas de ce film, ça m'a encore moins impressionnée que d'habitude. Les scènes de boxe à Auschwitz, avec un Foster squelettique, m'ont laissée totalement indifférente, d'autant plus qu'elles auraient pu être simplement racontées par Haft. Si elles étaient destinées à choquer ou bouleverser, c'est raté en ce qui me concerne. En revanche, Foster est plus intéressant et émouvant en Jake La Motta bis, hanté par la culpabilité et des images cauchemardesques. Affublé d'un faux nez et d'une chevelure noire ondulée, il est totalement méconnaissable, amaigri comme grassouillet. Mais ça reste une de ses moins bonnes interprétations selon moi.
Carton rouge pour Hans Zimmer et sa musique tire-larmes dont les violons rappellent ceux de la Liste de Schindler.