Avec une précision documentaire et un sens balzacien de la description, Huo Meng dessine une fresque naturaliste impressionnante, où se mêlent la distance de l'anthropologue et ses souvenirs personnels parsemés de fantastique et vécus à hauteur d'enfant. Chaque plan a ici la finesse et la construction d'une peinture qui livrerait progressivement ses plusieurs lectures, et chaque séquence sonore s'amplifie de plusieurs couches ; la mise en scène est d'une maîtrise totale.
Peut-être trop tant elle manque parfois de vitalité voire d'humanité. Mais elle amplifie à merveille la beauté et la cruauté d'un monde rural en proie à une industrialisation lointaine, un bouleversement économique et politique jamais vu, toujours tu, mais ressenti comme une menace sourde.