« Vous allez tous mourir. Vous êtes tous condamnés »

Attention aux ours 

Jason désire venger la mort de sa chère mère en assassinant de malheureux moniteurs.

Dans l'annales pléthoriques des sagas cinématographiques, Le Tueur du vendredi, séquelle infatigable de l'originel Vendredi 13, s'impose avec une affligeante régularité comme l'archétype même de la redite filmique dénuée de toute substantifique moelle. Ce n'est point une œuvre novatrice, mais plutôt une itération paresseuse et redondante de l'intrigue primordiale, déclinant sans audace les structures narratives déjà usitées du précédent opus. Le spectateur averti ne peut qu'éprouver une lassitude précoce face à cette resucée paresseuse, privée de toute étincelle créative.

Le métrage se complaît dans une procession funèbre de personnages dénués de toute profondeur psychologique, réduits à de simples archétypes sacrificiels. Les victimes, dont l'unique raison d'être semble se résumer à l'assouvissement de leurs pulsions les plus primaires – et pour employer une formule imagée, ceux dont la bistouquette les démange avec une insistance flagrante – ne sont que de piètres pantins, dont la destinée inexorable est de servir de chair à canon à l'insatiable appétit du bourreau. Leur inanité existentielle, leur absence flagrante de substance émotionnelle ou intellectuelle, les relègue au rang de simples accessoires, dénuant ainsi tout frisson véritablement captivant à leur macabre trépas. On ne peut s'attacher à ces figures éphémères, vouées dès leur apparition à une annihilation programmée.

Néanmoins, et c'est là l'unique lueur, ténue et intermittente, dans cette obscurité scripturale, l'émergence de Jason Voorhees en tant que figure tutélaire de l'horreur confère une légitimité, certes discutable, à cette entreprise. Bien que son accoutrement, avec ce prosaïque sac recouvrant sa face, est loin de l'emblématique masque de hockey qui le consacrera ultérieurement au panthéon des icônes sinistres ; il n'en demeure pas moins que l'on assiste ici à la genèse d'un mythe cinéphilique. Cette transition du mal invisible à une incarnation, quoique encore rudimentaire, constitue le seul jalon mémorable de cette production par ailleurs insignifiante.

Bref, si l'on devait extraire l'essence la plus pure de cette pellicule, force est de constater que son attrait le plus saillant réside dans l'ostentation décomplexée de poitrines dénudées. Le film se complaît dans une exhibition corporelle superficielle, offrant au regard une série de corps offerts au jugement et à la violence, sans jamais s'élever au-delà de cette trivialité charnelle. Cela demeure ainsi une œuvre anecdotique, dont la postérité repose moins sur ses qualités intrinsèques que sur sa contribution involontaire à la saga d'un antagoniste anthologique, et son penchant pour une nudité dispensable.


Trilaw
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de la saga Vendredi 13

Créée

le 28 mai 2025

Critique lue 20 fois

Trilaw

Écrit par

Critique lue 20 fois

4

D'autres avis sur Le Tueur du vendredi

Le Tueur du vendredi

Le Tueur du vendredi

6

Play-It-Again-Seb

1159 critiques

Jason et ses premières victimes

Après un premier opus où demeurait une vague intrigue de vengeance, cette suite de Vendredi 13 entre dans le gras de la saga. Jason est le bourreau des jeunes ados qui osent s’approcher de Crystal...

le 6 juin 2023

Le Tueur du vendredi

Le Tueur du vendredi

4

Zogarok

1640 critiques

Climax de Jason avant Jason

Particulièrement médiocre, le Vendredi 13 de Sean Cunningham était surtout extrêmement racoleur. En tenant ses promesses, copiant les références de l’Horreur et reprenant à son compte les codes du...

le 30 oct. 2015

Le Tueur du vendredi

Le Tueur du vendredi

6

HITMAN

1159 critiques

Le camp sanglant.

Exit le cinéaste Sean S. Cunningham parti sur le projet Otages, c'est le producteur du premier chapitre Steve Miner (House, Lake Placid) qui fait ses premiers pas derrière la caméra avec ce Tueur du...

le 13 juil. 2018

Du même critique

Simone - Le voyage du siècle

Simone - Le voyage du siècle

9

Trilaw

1927 critiques

« Bientôt s’éteindra cette génération qui ne devait pas survivre »

Le film est farouchement et profondément féministe mais quoi de plus normal pour un métrage dédié à une femme extraordinaire qui a permis que l’un des droits les plus élémentaires pour elles, même si...

le 24 nov. 2022

Avatar - La Voie de l'eau

Avatar - La Voie de l'eau

5

Trilaw

1927 critiques

« On ne congèle pas les bébés »

Treize ans de longues années d’attente patiente pour un résultat aussi famélique. Commençons par la fameuse 3D, je me souviens d’un temps où les lunettes 3D étaient devenues un outil indispensable...

le 16 déc. 2022

Daaaaaalí !

Daaaaaalí !

5

Trilaw

1927 critiques

« Il pleut des chiens morts »

Une journaliste doit réaliser une entrevue avec Salvador Dali.Qui était assez surréaliste à l’instar de l’art du peintre pour réaliser un métrage sur le maître, si ce n’est Quentin Dupieux qu’on...

le 7 févr. 2024