Le Vertige part d'une idée extrêmement simple. Un homme rend visite à son ami pour lui annoncer quelque chose d'incroyable : l'humanité entière vivrait dans une simulation. À partir de là, Quentin Dupieux construit une comédie qui ressemble à une plaisanterie, mais qui cache une question beaucoup plus troublante.
Ce qui rend le film intéressant, c'est qu'il refuse le spectaculaire. Il n'y a pas de grandes révélations visuelles ni d'effets spéciaux impressionnants. Tout repose sur les personnages, les dialogues et le doute. Et plus le récit avance, plus une question s'installe : et si cette théorie absurde n'était pas complètement absurde ?
Alain Chabat apporte une crédibilité précieuse à l'ensemble. Son jeu naturel permet au film de rester ancré dans quelque chose de familier. Face à lui, Jonathan Cohen apporte une énergie imprévisible qui accentue le décalage permanent de la situation.
Comme souvent chez Dupieux, l'humour sert de cheval de Troie. On croit regarder une comédie légère, puis le film commence à fissurer nos certitudes. Le rire devient réflexion. La blague devient expérience philosophique.
Le Vertige n'est probablement pas un film qui bouleversera émotionnellement son public. Son objectif est ailleurs. Il cherche à provoquer une sensation rare : celle de quitter la salle avec davantage de questions que de réponses.
Et finalement, n'est-ce pas là la véritable réussite du film ?
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