Quentin Dupieux serait sans doute le cinéaste le plus à même d'adapter la philosophie de l'absurde de Camus, tant ses récits sont teintés d'inquiétude.
Au lieu de ça, il réalise un film animé très artisanal qui, comme souvent, part d'un concept amusant, ici avec une forme originale, mais ne nous retourne pas la cervelle (comme ça avait pu l'être pour Au poste ou Réalité).
Technocritique, Dupieux va à rebours de la quête du réalisme recherchée par les intelligences artificielles génératives lisses et sans personnalités et propose une œuvre originale faite main, qui égratine le complotisme, le monde de la tech et du progrès et la masculinité moderne. C'est drôle, surtout la première demie-heure, mais son univers philosophique ne va pas si loin. La forme du film (et ce qu'elle raconte) dépasse son fond. Le vertige n'est pas vertigineux, il est absurde, il ressemble à un délire d'adolescent révolté paranoïaque (Dupieux en a conscience et se moque de cela). Mr. Oizo ferait-il du surplace ?
L'épilogue utilise un stratagème que le cinéaste semble avoir trouvé pour boucler ses farces cyniques (cf. Incroyable mais vrai) : la nécessité de l'amitié et de la paix entre les êtres humains, du retour au réel. Ça fait pas de mal.