Un concept au premier abord assez intrigant, qui semble soulever des problématiques existentielles, mais qui n'est au final qu'une coquille vide expérimentale. C'est dommage, il y avait moyen d'en faire quelque chose d'un peu plus profond, mais on dirait que c'est intentionnellement nul... ce qui est confirmé par Dupieux lui-même, qui a dit vouloir reproduire un look de film français un peu ennuyeux, sans savoir où tout cela mènerait. En vrai, pourquoi pas, je pourrais aimer les propositions un peu hasardeuses, mais là cela parait vraiment gratuit. J'avoue avoir été assez refroidi par son précédent film L'Accident de piano, mais il possédait une profondeur assez juste, qui me laissait considérer son personnage et ses émotions. Ici, je ne vois rien qui me permettrait de ressentir ce fameux vertige, je ressens surtout un certain vide (pas vraiment existentiel) qui me fait dire que tout cela ne mène nulle part.
Ce côté graphismes PlayStation 2 est en soi assez attirant, car assez atypique dans le domaine du cinéma, mais quand il n'y a rien à se mettre sous la dent derrière, notamment au niveau du scénario ; tout ça pour avoir une oeuvre qui n'existe que pour son casting. Si on s'intéresse au médium jeu vidéo, et qu'on veut trouver une bonne oeuvre cinématographique, je vous conseillerai de jeter un oeil à Knit's Island, où l'on suit des documentaristes à l'intérieur d'un jeu vidéo.
Bref, je pense tout de même que tout n'est pas à jeter, il y a un côté Truman Show / Matrix / Gourou qui peut avoir ses quelques fulgurances philosophiques, mais le film n'emmène pas bien loin ses propres considérations, et la gratuité du concept et des situations prime.
(Vu le 14 juin 2026 au cinéma)