Vétéran
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Vétéran

Film DTV (direct-to-video) de Sidney J. Furie (2006)

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Vétéran, c’est une sorte de soldat qu’on aurait oublié sur le champ de bataille...

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Vétéran, c’est une sorte de fantôme de cinéma, un objet d’un autre temps, qui revient, fatigué, comme un soldat qu’on aurait oublié sur le champ de bataille.


Sidney J. Furie, qu’on devinait plus inspiré autrefois, filme ici un retour au Vietnam qui n’a plus rien d’un retour. Plutôt une marche en rond. Ray Watson, ancien soldat devenu politicien, revient sur les lieux du cauchemar. Il espère, sans trop y croire, recoller des morceaux. Et c’est là qu’il retrouve “Doc”, celui qu’il avait laissé derrière lui. Mais rien ne se résout. Le passé ne veut pas se taire, et le présent n’a rien à dire.


Visuellement, le film sent le bas de budget. Les décors manquent d’air, les lumières sont ternes, la caméra se tient trop droite, comme si elle craignait de déranger. Les flashbacks, censés raviver la mémoire, étouffent plutôt le peu d’émotion qui restait. On sent le montage forcé, les dialogues qui tombent à plat. Tout semble un peu trop écrit, trop propre pour être vrai.


Michael Ironside, lui, fait le job. Son regard porte ce que le scénario n’a pas su écrire. Bobby Hosea, plus effacé, peine à donner du relief à son personnage, pris entre culpabilité et rhétorique patriotique. On devine l’intention — confronter deux Amériques, deux mémoires, deux fuites — mais la mise en scène reste collée au sol.


Ce qui agace, c’est cette impression de vouloir dire quelque chose de fort, sans jamais y parvenir. Le film se regarde comme un vieux téléfilm de guerre diffusé un dimanche après-midi. Pas honteux, mais sans nerf. Les scènes censées être tendues se dégonflent, les émotions s’évaporent avant d’exister. Même la musique, plaquée, semble venir d’un autre métrage.


Et pourtant, au détour d’un plan, on croit entrevoir ce que Vétéran aurait pu être : un film sur la culpabilité, sur l’incapacité à guérir. Mais tout reste à distance, comme si Furie regardait ses personnages derrière une vitre.


Au final, on sort de là un peu vide. Pas révolté, pas touché. Juste fatigué. Comme si le film avait lui-même vécu sa guerre et qu’il n’en était pas revenu.


Ma note : 8 sur 20.


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Le-General
4
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le 7 oct. 2025

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Le-Général

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