Ce film ne mérite que de bonnes critiques. D’abord parce que c’est une histoire sans prétention, mais portée par une narration solide, un pitch plutôt bien fichu et un casting aux petits oignons. À commencer par Dustin Hoffman, qui file la banane dès les premières images. Ensuite, Leo Woodall, acteur de séries que je ne connaissais pas encore (aperçu dans Nuremberg), laisse entrevoir un charisme discret mais évident. Même constat pour sa partenaire Havana Rose Liu, que je découvrais également ici. Entre les deux, la mayonnaise prend vraiment bien : leurs jeux se répondent avec naturel et complicité. Il y a aussi Lior Raz (la série israélienne Fauda), toujours aussi explosif. Et puis Jean Reno, plutôt bon ; ce qui devient suffisamment rare pour être souligné.
Le plus étonnant reste sans doute Daniel Roher. Jusqu’ici connu pour ses très bons documentaires, il signe ici sa première fiction. Et franchement, pour un premier galop d’essai, c’est largement réussi.
Rapidos sur le pitch : Nick est accordeur, faute de mieux ; et oui, il faut bien un trauma derrière ça. Il souffre d’hyperacousie. Mais cette hypersensibilité lui donne aussi une ouïe hors norme, dont il va découvrir malgré lui qu’elle peut lui ouvrir bien des portes…
Il croise alors la route de Yuri, personnage sympathique en apparence, mais à qui il vaut mieux éviter de dire non. S’ensuit une histoire pas forcément originale, mais suffisamment bien menée pour embarquer sans difficulté. Le film alterne habilement entre légèreté et gravité, avec un ton juste et plutôt empathique.
Et au passage, il glisse aussi une petite critique sociale : celle de ces ultra-riches incapables de se débrouiller seuls, accumulant tant de richesses qu’ils finissent par en perdre jusqu'à la mémoire. C’est léger, jamais martelé, mais bien présent. Juste assez pour poser au spectateur un petit dilemme moral. Un bon film pour oublier un moment la chaleur caniculaire.