Notes sur le film : Venu du documentaire – le réussi Navalny (2022) -, Daniel Roher propose, avec Le Virtuose, un film qui repose beaucoup sur un scénario parfaitement construit, qu’on peut devancer car c’est une horlogerie précise, mais qui ménage idéalement des moments d’émotion, et en cela vaut son pesant d’or. Sans cynisme pour raconter son récit, où un virtuose handicapé de l’ouïe tutoie de façon un peu forcée un milieu interlope, Le Virtuose avance tout droit, avec une force tranquille que sa mise en scène, un peu en retrait, appuie à sa manière. Le rythme, qui accroche, vient beaucoup du montage, avec nombre d’inserts comme chez son compatriote Edgard Wright – mais en moins systématique -, des dynamiques relationnelles du héros et de notre tension devant la collision attendue, qui finit par survenir dans le dernier quart d’heure. La scène finale, réussie, clôt un film qui nous laisse assez impatient de découvrir la suite pour Daniel Roher.