Leash, court-métrage de 17 minutes de Harry Lighton, montre l’extrême violence xénophobe qu’un groupe de jeunes filles fait subir en meute à une jeune Polonaise au pays de Galles au moment du Brexit, dans le contexte sonore et visuel de célébration d’un championnat de foot.
La caméra de Harry Lighton est d’une déroutante sobriété : les gros plans sur les visages des personnages comme les plans d’ensemble (filmés tantôt par des caméras de surveillance, tantôt par le dispositif même du film) sur des scènes de groupes sont d’une banalité finalement terrible, au regard de la violence montrée. Cette banalité du regard empêche toute dramatisation spectaculaire : la brutalité apparait moins comme une explosion que comme un comportement collectif ordinaire, presque naturel – qui n'est pas sans rappeler les scènes violentes du précédent court-métrage du réalisateur, Wren boys.
C’est cette distorsion qui fait de ce court-métrage un film réaliste d’horreur, virant dans ses dernières minutes au fantastique, quand la laisse du titre finit littéralement par être lâchée – dans un retournement de situation où s’affirme déjà la patte de Harry Lighton…