Leguignon n'est plus le lampiste de la SNCF comme deux ans auparavant. Il se découvre un don de magnétiseur qui l'occupe désormais à plein temps.
Yves Deniaud est un des plus indiqués pour jouer le type prolo au langage fleuri; il est la valeur ajoutée de la comédie en brave homme qui a des valeurs sans être bien futé. D'une certaine façon, le film flatte le populo contre l'élite savante et bourgeoise. Car, après le défilé plutôt plaisant des malades entre les mains de Leguignon, les problèmes arrivent pour le guérisseur, accusé comme il se doit d'exercice illégal de la médecine.
Curieusement, le sujet fait écho à un film d'Yves Ciampi sorti quelques mois plus tôt, "Le guérisseur" avec Jean Marais, autrement sérieux et documenté. Dans une séquence de procès saugrenue au coeur du film, Deniaud fait certes le zozo face aux magistrats, genre "monsieur mon président", mais cela n'empêche pas que le film prend ouvertement parti, avec des arguments tout à fait recevables, en faveur de la médecine alternative contre l'arrogance de la médecine officielle soucieuse de préserver son pré carré. Sans doute le sujet fait débat à l'époque. C'est le petit supplément de sens que prend la comédie, qui a surtout le mérite de produire quelques figures sympathiques.