Après le succès commercial et l'étrangeté suffocante de Longlegs, on aurait pu croire que Osgood Perkins aurait bénéficié de la carte.
Mais c'était oublier qu'à l'époque, pas si lointaine, certains puristes trouvaient déjà le moyen de cracher dans la soupe et de lui reprocher ses effets de style qui pourtant, chez d'autres cinéastes, en font tout le prix.
La petite déception inspirée par l'entre deux de The Monkey, qui constituait une sacrée occasion manquée pour le masqué en ce début d'année 2025, donnait raison à ses détracteurs, qui semblent aujourd'hui prendre un malin plaisir à enfoncer les derniers clous dans son cercueil au vu des premiers retours sur son Elue.
Autant ne pas tourner autour du pot et asséner que si vous n'avez jamais aimé Perkins, ce n'est pas L'Elue qui vous fera changer d'avis, dès lors qu'il est encore plus marqué par son style et ses ruptures de ton en vue de son dernier acte.
Rien de nouveau sous le soleil donc. A moins de vouloir se faire mal pour joindre ses gémissements à ceux de la meute critique à peu de frais.
Behind, lui, aura retrouvé tout le charme vénéneux du réalisateur qui marche toujours autant sur lui. Tout comme cet art de la mise en place d'une ambiance pleine de malaise et d'étrangeté, via des plans lents et énigmatiques, de curieuses images asymétriques et l'insistance de la caméra sur certains éléments du décor. Tout comme il a retrouvé une impression de contagion insidieuse de l'élément fantastique du huis clos aussi bien physique que psychologique dans lequel s'enferme l'héroïne, ou encore l'empoisonnement lent de la relation du couple mis en scène.
Au point que, devant L'Elue, le masqué a immédiatement repensé à un autre film d'horreur psychologique qui lui est cher : La Proie d'une Ombre, lui aussi considéré en 2021 comme une oeuvre des plus anodines par les puristes du genre.
Il a aussi pensé à une partie du mystère et de la menace entourant les bois de Les Guetteurs, le mélange obtenu étant des plus plaisants, soutenant la thématique d'une certaine idée du traitement de la masculinité, présente de manière astucieuse dès les premières images. Et surtout, bien mieux traitée ici que dans le consternant Companion. Tandis que Rossif Sutherland incarne à la perfection cet air débonnaire cachant une vérité peu reluisante.
Les images purement horrifiques, quant à elles, ne jouent que très rarement sur l'effet de surprise, préférant au contraire s'emparer peu à peu de l'image ou confronter directement la jolie Tatiana Maslany et le public dans une dernière ligne droite peut-être un peu trop démonstrative, comme si Oz n'avait pas totalement confiance en son intrigue.
Cet écueil n'empêche nullement L'Elue de signer le retour en force d'Osgood Perkins qui, le temps d'un week end dans un chalet de plus en plus menaçant, rappelle que lui aussi en connait un rayon du côté des sensations purement horrifiques et de la science de l'inconfort.
Behind_the_Mask, qui cherche des filles dans les bois derrière chez lui.