Il s'agit de la vie de Lenny Bruce, tout au moins une partie, mise en scène sous la forme de témoignages posthumes, d'extraits de spectacle, de scènes de la vie privée. Cette alternance donne un aspect documentaire et donc réaliste à cette évocation de celui qui fut, à la façon d'un Coluche, un amuseur scandaleux puis, sur sa fin, un véritable prédicateur.
Car sous ses plaisanteries grossières, Lenny Bruce dessine un portrait satirique de la société américaine, raciste et puritaine. Il dénonce dans ses spectacles de cabaret aussi bien que face à la justice devant laquelle il est régulièrement convoqué, l'hypocrisie sociale et la liberté d'expression menacée.
Le film de Bob Fosse montre bien, quoique de façon académique, un homme trop sensible qui progressivement se détruit et dont le destin se rattache au thème classique de l'artiste torturé. Les problèmes de couple et la drogue entretiennent une atmosphère dramatique convenue. En vérité, c'est la sincérité de Dustin Hoffman qui fait l'intérêt du personnage -parfaitement inconnu chez nous. D'autant que ce Lenny ne m'est apparu ni exceptionnel ni drôle, à travers ses sketches qui ne le sont pas -c'est l'écueil principal de cette chronique- dans leur expression typiquement américaine.