C'est son péché mignon: Luc Besson réalise un film qui se donne les airs d'un thriller américain; il n'est ni plus violent, ni plus sanglant que ce qu'exige le concept et obéit aux mêmes conventions, aux mêmes complaisances que la moyenne médiocre des films du genre.
Un tueur solitaire et énigmatique, encombré d'une petite fille dont la famille a été massacrée, règle ses comptes à une bande de flics drogués, ripoux et, pour l'un d'eux, franchement psychopathe. Entre deux scènes musclées qui, je le reconnais, sont portées par un certain suspens, Besson relate de façon très superficielles la relation anachronique entre le "nettoyeur" et la petite fille. Mais ces scènes ne fonctionnent pas, simplement pour la raison que les deux personnages, et principalement celui de Jean reno qui n'est finalement que l'abstraction d'une violence primaire, manquent totalement d'épaisseur et plus encore de vérité humaine. D'ailleurs, tous les protagonistes sont des stéréotypes du thriller.
On voit bien que Besson tente de créer une atmosphère singulière, morbide, dans l'immeuble où se déroule l'essentiel de l'action. Loin de la ville et de son animation, comme accentuant la solitude et la misanthropie de Léon, Besson enferme ses pâles figures dans une sorte de tragédie intimiste et grave où le mouvement ne s'accélère qu'à l'occasion de diverses escarmouches. Cette démarche est vaine et on ne peut sans doute pas parler de style Besson.