Léon
7.4
Léon

Film de Luc Besson (1994)

Léon, brillant, mais troublant

Wow. Léon. Que dire... Dès les premières minutes, on comprend qu’on n’est pas face à un film comme les autres. Ce mélange singulier entre film d’action américain et sensibilité européenne, cette ambiance urbaine réaliste et ce duo improbable entre un tueur à gages solitaire et une enfant brisée... c’est original. Dans le bon comme dans le très, très discutable.

Jean Reno incarne Léon avec une sobriété presque touchante. Il reste profondément français dans son jeu, même en territoire américain, ce qui donne au personnage un côté décalé, presque grotesque par moments, mais jamais ridicule. En face, Natalie Portman, dans son tout premier rôle, explose littéralement à l’écran. Captivante. Brute. Émotive. On sent que ce film a lancé sa carrière, mais aussi qu’il a, peut-être, volé une partie de son innocence.

Côté mise en scène, le rythme est d'une efficacité redoutable. Luc Besson orchestre ses scènes d’action avec une inventivité rare, presque cartoonesque, où le spectaculaire frôle parfois l’absurde, mais sans jamais rompre l’engagement émotionnel. Il y a quelque chose de l’ordre du film noir, très européen dans l’intention, presque poétique.

Mais voilà. Il y a ce mais.

La relation entre Mathilda et Léon est profondément dérangeante. Pas ambiguë. Pas "innocente". Dérangeante. Et ce n’est pas la performance des acteurs qui est en cause, mais bien la manière dont Luc Besson la met en scène, la suggère, la laisse flotter dans l’air sans jamais la trop condamner. Le malaise est constant, palpable. Ce n’est pas juste un amour imaginé entre deux âmes perdues. C’est totalement autre chose. Une tension qu’on ne peut pas ignorer. Un amour entre une enfant et un adulte. Et à mes yeux, cette dérive narrative retire 2 points entier à un film qui aurait pu être grand.

Je ne reproche pas à Jean Reno, qui reste tout en retenue. Mais Luc Besson, lui, donne parfois l’impression de frôler avec complaisance une zone risquée, surtout dans sa manière de mettre en scène Portman. Il sexualise une enfant. Et ça, franchement, c’est insupportable. À la fois pour ce que ça suggère et pour ce que ça dit sur son regard de cinéaste.

Et pourtant, le film reste bon. Très bon même, dans ses moments de pure action ou de tendresse sincère. C’est ça, le paradoxe de Léon : une œuvre esthétiquement brillante, émotionnellement intense, mais moralement ambiguë. Et ce mélange laisse une trace… pas toujours agréable.

iDimi
6
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le 1 août 2025

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