Moquons nous, mais gentiment hein, de la start-up nation

Pour ce retour (tant attendu) au cinéma, le choix d'un film comique, éventuellement feelgood, est totalement volontaire. Tout part tellement à vau-l'eau dans ce pays que je n'avais guère envie dans rajouter, dans un registre imaginaire, pendant une heure trente. Après visionnage, il faut admettre que le qualificatif de feelgood est mérité : les gags sont nombreux, fins et souvent drôles, les dialogues plutôt pétillants et en plus, ça finit bien (pas vraiment un spoil de ma part, car on le voit venir rien qu'en regardant la bande-annonce), avec des histoires d'amour dans tous les sens (que là aussi on voit arriver bien à l'avance). Et puis, il faut admettre que c'est plutôt bien joué et le bouquet final est constitué par l'apparition de Vanessa Paradis en uniforme de la marine nationale.


Une fois que cela est dit, il n'y a pas grand chose à rajouter. La trame scénaristique est simple et construite sur l'idée que la start-up exploite ses salariés en individualisant leur gestion à l'extrême, et que dès lors qu'ils s'unissent un tant soi peu, ils peuvent, comme dans toute entreprise, faire valoir leurs revendications auprès de leur employeur. Employeur dont le représentant s'avérera en l'espèce être finalement plus gentil et moins naze qu'il n'y paraissait au début. Ça ressemble un peu en définitive à un conte de fées, tant l'objet de la revendication en question est consensuel et ne peut décemment être remis en cause, sauf à passer pour un monstre.


Reste donc qu'on peut passer un bon moment à rire du ridicule achevé du jargon des entrepreneurs de la nouvelle économie (pas si nouvelle puisqu'en remontant à un peu plus de cent ans en arrière, on peut s'y retrouver), des innovations tape-à-l’œil et gadgets inutile, ainsi que des comportements de ceux qui se laissent séduire par cet univers de sillicone. C'est hélas beaucoup moins drôle dans la réalité pour ceux qui n'y arrivent pas à y tirer leur épingle du jeu et ça ne finit pas toujours aussi bien que dans ce film. Sans même parler du fait que ça constitue parfois un ascenseur social pour des abrutis toxiques...

Marcus31
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le 20 juin 2021

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