A Aix-en-Provence, un juge pour enfants nommé Henri Arnaud sympathise avec un étudiant en droit nommé André Arnaud, sans qu'ils n'aient de lien en commun malgré le même nom de famille. Ce dernier est un jeune homme désargenté qui vit aux crochets d'un antiquaire, qu'il va tuer involontairement. André Arnaud arrive à berner les policiers, mais le juge va vouloir ce fils qui ne dit pas son nom.
André Bourvil avait l'air d'être un être humain formidable ; je dis cela en préambule car son humanité transpire à travers ce juge d'une grande gentillesse, qui propose des bonbons au tribunal mais qui reste au fond marqué par cette absence d'un fils, ainsi que par sa sœur (Marcelle Ranson-Hervé) qui ne cesse de le rabrouer. C'est pour cela que sa rencontre avec cet homonyme, joué par un Salvatore Adamo falot pour ses débuts au cinéma (et qu'il ne continuera guère dans cette voie-là) va changer sa vie sous fond de crime.
La réalisation de Léo Joannon (dont ce sera le dernier film avant son décès) est d'une grande platitude, et je retiens surtout une phrase dégueulasse, prononcée par un juge qui fait un cours en fac de droit, après une bagarre dans l'hémicycle où, en prenant un accent pour imiter un accent chinois, celui-ci prononce Les constitutions étaient comme des jolies femmes ; faites pour êtres violées. Le tout sous les applaudissements d'élèves hommes... et femmes !
Hormis cette scène dégoutante, le film marque peu la rétine, entre Adamo qui semble en-dehors de ses pompes ou la pauvre Christine Delaroche qui n'a aucune utilité, je retiens surtout le personnage de Bourvil dans un de ses rôles plus sérieux qu'à l'accoutumée, où son jeu fait des merveilles. Ainsi que quelques plans d'Aix-en-Province où on reconnait encore la ville, même des décennies plus tard et la présence de Alain Doutey dans son tout premier rôle.