Un de ces films dont je n'attendais rien de spécial et qui m'a éclaté à la gueule dans toute sa perfection comme un moment de pur cinéma.
Il y a la présence envoûtante de l'Irlande dont les paysages splendides m'ont brûlé la rétine, et dont l'histoire tragique circule dans tout le film, de manière discrète et omniprésente.
Il y a les performances incroyables de Kerry Condon, Brendan Gleeson et Barry Keoghan. Colin Farrell, quant à lui, est en full god mode. J'ai pas toujours aimé son jeu au long de sa carrière, mais là il m'a retourné. Il compose un personnage d'une profondeur et d'une humanité bouleversantes qui dévorent absolument chaque seconde de pellicule, c'est dingue.
Et il y a le cinéma : Martin Mcdonagh ne nous raconte pas une histoire il nous la montre. Il laisse donc au spectateur de l'air, de l'espace pour imaginer, rêver, ressentir. Et punaise, ça fait du bien.
Et donc il y a moi. La rencontre avec un film c'est toujours une histoire de contexte, de timing. Ce n'est pourtant pas le type de film vers lequel je me tourne naturellement. D'habitude je vais plutôt vers de l'horreur, de la SF, de l'action, du fantastique. Car je crois que j'ai besoin de propositions qui challengent mon imagination, et que le réalisme m'emmerde.
Mais la recherche est toujour la même : être surpris, être embarqué emotionnellement, être stimulé.
Il y a eu dans ma rencontre avec ce film quelque chose de magique, un enthousiasme sincère, un alignement d'étoiles qui a fait des Banshees d'Inisherin un de mes meilleurs moments de cinema de ces dernières années.