Les Baronnes d'Andrea Berloff est un polar au féminin dont le postulat évoque immanquablement Les Veuves de Steve McQueen. Après l'arrestation de plusieurs gangsters lors d'un braquage qui tourne mal, leurs épouses se retrouvent livrées à elles-mêmes, avec des dettes à éponger et peu de perspectives. Elles décident alors de reprendre les activités criminelles de leurs maris.
Sur le papier, le projet a de quoi séduire. Porté par un solide trio d'actrices et nourri de références prestigieuses, le film affiche ses ambitions dès les premières images. La photographie et certains choix de mise en scène rappellent le cinéma de James Gray, tandis que plusieurs séquences semblent emprunter aux univers de Brian De Palma et de Martin Scorsese. Des influences loin d'être désagréables pour les amateurs du genre.
Mais malgré ces atouts, le film ne parvient jamais à véritablement prendre son envol. Tout y paraît trop sage, trop balisé, comme si chaque scène suivait un cahier des charges parfaitement prévisible. Là où le récit devrait gagner en tension, en audace ou en émotion, il se contente d'enchaîner les passages obligés. Le suspense reste plat, les personnages peinent à exister au-delà de leur fonction narrative, et l'ensemble manque cruellement de personnalité.
Le plus regrettable est sans doute l'absence de souffle. Avec un matériau aussi propice aux rebondissements et aux affrontements de caractère, Les Baronnes aurait pu être un polar nerveux et exaltant. Il n'est finalement qu'un exercice appliqué, sans éclat ni surprise, qui finit par susciter davantage l'ennui que l'adhésion. Dans un genre où l'énergie et la mise en scène sont essentielles, cet échec à faire décoller le récit apparaît comme la principale limite du film. :::