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Réalisé en 1949 par un Jules Dassin auréolé du succès de deux de ses plus grands films, Brute Force (Les Démons de La Liberté) avec Burt Lancaster et Naked Citry (La Cité Sans Voiles), et juste avant ce qui sera son chef d'oeuvre, Night And The City (Les Forbans de La Nuit), Thieve's Highway littéralement L'Autoroute des Voleurs, même s'il est intéressant formellement n'atteint que rarement le niveau de ses autres films. Déjà la traduction française est une nouvelle fois tronquée, Les Bas-fonds De San Francisco, titre totalement inapproprié qui pourrait faire croire que l'intrigue narrerait les tumultes du haut banditisme dans les quartier chauds de la ville Californienne. Il n'en est rien. C'est plutôt dans la ville voisine d'Auckland que se déroule la majeure partie de ce film. Et de haut banditisme il n'est point question, mais c'est plutôt dans l'univers du commerce de gros que se situe l'intrigue, et les truands en haut de forme sont remplacés par les petits magouilleurs de quartier.
Même si le formalisme cher à Dassin emporte aisément le morceau, le film reste la plupart du temps limité aux contours de son intrigue peu épaisse en terme d'importance, et ses personnages demeurent assez caricaturaux. Un Richard Conte magnétique mais ne possédant la présence physique d'un Burt Lancaster ou d'un Barry Fitzgerald, de ses deux œuvres précédentes, dans le rôle d'un fils d'immigré grec, qui au retour d'un périple en Asie, découvre que son père a perdu l'usage de ses deux jambes après s'être fait escroqué par un bandit de bas étage interprété par un Lee J. Cobb enrobé qui n'atteint pas encore le niveau du Johnny Friendly de Sur Les Quais de Kazan dans le registre du truand.
Le fils vengeur prend donc la route avec un chargement de pommes afin de retrouver le grossiste magouilleur en question et lui rendre la monnaie de sa pièce. Dans le registre du film de route on retrouve un peu de l'univers de Raoul Walsh, avec ses hommes bourrus et franc du collier, toujours prompts à la déconne et aux manières rudes. En cela les personnages secondaires sont assez intéressants avec Jack Oakie et Millard Mitchell entre autres, seconds rôles récurrents du cinéma Hollywoodien de cette époque dorée. Mais le personnage qui est de loin le plus intéressant est celui interprété par l'actrice italienne Valentina Cortese, toute en finesse, aux charmes indéniables qui apparaît dans ce monde d'hommes avec toute sa grâce et sa sensibilité féminine.
Souvent maîtrisée formellement, la réalisation de Dassin ne souffre que de peu de défauts apparents, ne serait-ce que quelques idées sous-exploitées et d'un traitement parfois un peu caricatural de ses personnages. Le scénario signé Albert Isaac Bezzerides, écrivain et scénaristes d'origine turque, l'un des futurs blacklistés d'Hollywood, au même titre que Jules Dassin par ailleurs, demeure intéressant mais pas forcément adapté au format cinéma de par son manque de consistance et ses quelques personnages assez grossièrement dépeints.
Une série B signé par l'un des grands illustrateurs du film-noir à connotation socialement dénonciatrice, qui possède les qualités de ses défauts et n'atteint qu'à de très rares exceptions, jamais le niveau de ses œuvres précédentes et futures.
Créée
le 17 déc. 2016
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