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982 critiques
Why not?
Les biches n'a pas l'intensité de certains autres films de Chabrol. Je me suis posé la question assez longuement de savoir pourquoi cela avait moins marché avec moi. Et puis finalement, la réponse...
le 18 févr. 2026
Biche. Animal méprisant en groupe : elle m'a regardé avec des daims... (d'après Baffie)
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J'ai détesté ce film, dix-huitième des cinquante six longs métrages du réalisateur, comme du reste la plupart des films dits "Nouvelle vagues"... qui bien souvent sonnaient le creux de celle-ci...
Cette histoire rocambolesque ressemble à du "radotage précoce" chez Chabrol (1930-2010) : sa femme est évidemment l'héroïne principale, mais aussi une muse pour lui ... Elle sera du reste présente dans 24 de ses réalisations...
Ce n'est pas que Stéphane Audran m'ait déplu, au contraire, mais à la longue, on a l'impression de réentendre la famille Duraton !
De plus, question érotisme, la jolie artiste est plus du genre "allumeuse"que nusdiste : ici, si elle pose nue lors de scènes de lits, comme dans beaucoup de longs métrages, on ne verra de son corps dévoilé que les zones non interdites, les draps contrariant malhabilement note convoitise.
Claude Zidi, à la caméra, a dû accomplir des prouesses pour respecter l'adage : cachez ce sein que je ne saurais voir ! A moins qu'on ait truqué au ontage...
Zidi, vous avez bien lu : celui qui par la suite n'aura plus, promu réalisateur cette approche pudibonde et hypocrite de la réalité de l'amour charnel comme Chabrol... Revanche ?
Pourtant 1968 était l'année de toutes les audaces, et la France allait friser la guerre civile
Toujours omniprésente aussi cette même caricature satirique des aristocrates, de la bourgeoisie oisive...
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"Ici, "Why", (vous connaissez quelqu'un d'autre s'appelant comme ça vous ?) une jeune parisienne, arpente les trottoirs pour gagner de l'argent, comme ici sur le pont des Arts...
Pas pour ce que vous pensez, mais pour exercer un autre art : dessiner des biches sur les trottoirs à l'aide de craies !
L'ancêtre des tags et autres décos ou grfs muraux...
Un billet de 500 francs ( 60 €) vient s'ajoute aux pièces de monnaie des piéton admiratifs... "
Ça les vaut" déclarera à l'artiste une riche bourge dont l'unique travail consiste à dépenser l'argent qu'elle n'a pas gagné...
Les deux femmes sympathisent (forcément !) et la dessinatrice cède à la proposition de sa mécène de la suivre dans sa villa à Saint-Tropez (1), et plus si entente, et Cogolin, dont le paysage a bien dû changer depuis ces images !
Ce n'est pas pour rien si le titre joue sur le jeu de mots : "lesbiche" en argot, venant de l'allemand "lesbisch", qui signifie..... mais vous avez deviné !
Cette relation "étroite" est très évanescente dans les images : peur de la censure Chabrol ?
Histoire de changer la morne ambiance de la villa, deux voisins aussi oisifs que les gouines, et genre "pique-assiettes", viennent nous polluer de leurs singeries une histoire bien fade...
Arrive un architecte réputé qui va d'abord jeter son dévolu sur la spécialiste en déco de l'asphalte... mais se raviser et lui préférer la plus âgée et plus riche... Un amour fou...
Il se créera une espèce de ménage tacite à trois où la plus jeune, l'oreille collée contre la porte de leur chambre, devra se satisfaire des gémissements amoureux de sa protectrice... Au point de ne plus savoir de passer de cette frustration sexuelle qu'elle endure, elle qui est toujours vierge, et un tantinet masochiste... Au point d'en perdre un peu à la fois la raison et ..."
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C'est long, morne, fastidieux, dans un endroit chic mais déserté, froid...
Le scénario de Claude Chabrol et Paul Gégauff patine dans le sable, et je me suis ennuyé...
Film au rabais ? Malgré quelques extérieurs, il s'agit d'un récit essentiellement tourné à huis-clos ce qui ajoute à la pénibilité de l'ambiance...
Tous les personnages semblent désabusés ! Le travail serait-il la santé ?
Pour meubler un peu, Chabrol a cédé à la facilité en recrutant un de ses acteurs fétiches : Zardi qui fait ici un spectacle grand-guignolesque avec son complice habituel de duo Henri Attal... mais c'est pitoyable de nos jours et n'amuse plus, comme le comique-troupier...
L'arpenteuse des trottoirs, Jacqueline Sassart (1942-2021, qui s'est surtout produite en Italie, signait ici son avant dernier rôle... Séduite non plus par une femme, mais par un homme richissime, fils du fondateur de la marque de voiture Lancia, emportée dans le gouffre Fiat......
On était alors dans la période " André Génovès" de Chabrol, période où il souhaitat être dégagé de tous soucis matériels pour ne se concentrer qu'à la réalisation : ici, ce serait plutôt loupé...
Comme si ce triste tableau noir ne suffisait pas, la musique pourrie du compositeur musical habituel chabrolien : Pierre Jansen, achève de nous pourrir l'ambiance avec sa musique torturée, proche de l'agression auditive, avec préméditation et abus de casseroles...
Je m'étais promis de faire bref dans cette critique, ce film ne méritant pas trop qu'on s'étende dessus : on risquerait de s'endormir... Le naturel aura repris le dessus !
Petit succès ou désastre ? 627 164 spectateurs lors de la sortie du film...
Si Chabrol n'était pas du tout content de son film de 1976 : "Folies bourgeoises", alors que dire de celui-ci ?
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Arte le 16 et 18.02.2026-
(1) La villa de l'héroïne est "La Rebijoye", située dans "Les Parcs", près de la pointe de la Rabiou. a aussi servi au tournage du film" Le Gendarme se marie", sorti la même année...
Créée
le 17 févr. 2026
Modifiée
le 17 févr. 2026
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6
982 critiques
Les biches n'a pas l'intensité de certains autres films de Chabrol. Je me suis posé la question assez longuement de savoir pourquoi cela avait moins marché avec moi. Et puis finalement, la réponse...
le 18 févr. 2026
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6388 critiques
Une fois que le mot FIN s'affiche sur l'écran et ce malgré des qualités indéniables que possèdent ce long-métrage on a tout de même le sentiment d'avoir perdu 1h30 à visionner ce Chabrol...
le 18 août 2016
6
258 critiques
En matière de belles femmes on peut dire qu'il a toujours su bien s'entourer le petit père Chabrol, les magnifiques Stéphane Audran et Jacqueline Sassard sont à l'affiche de ce curieux film...
le 27 févr. 2014
1
2967 critiques
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