Virginie Efira porte depuis déjà depuis pas mal de temps le maillot jaune dans le peloton des actrices françaises, même si elle est belge. Au point qu'elle sait se rendre crédible dans n'importe quel rôle qu'elle sublime, qu'il soit empreint de glamour ou tout à l'inverse, dans une quotidienneté sans apprêt. La voir se glisser aussi naturellement dans l'uniforme des gilets jaunes n'a donc rien de surprenant et contribue à l'authenticité d'un film qui se veut éminemment politique, mais aussi romanesque, dans la description d'un couple progressivement fissuré par un engagement total de l'une face aux préoccupations moins solidaires de l'autre. De fait, l'étude de l'intime fait la force des Braises, grâce à sa comédienne principale, mais aussi dans l'alchimie atteinte par le duo formé avec un Arieh Worthalter impeccable. Pour autant, le scénario a plus de mal à nous embarquer sur les ronds-points et dans la lutte des gilets jaunes, que la mise en scène de Thomas Kruithof rend presque fade et manquant en tout cas d'étincelles, ce qui est tout de même paradoxal. À l'image d'ailleurs d'une toute dernière scène, ouverte, qui confirme que le film ménage la chèvre et le chou, sans embraser son sujet. On aurait bien troqué la sagesse relative du récit pour des développements plus audacieux.