Tellement triste, ce film. Il évoque, 7 ans après, la révolte des gilets jaunes, qui débuta en novembre 2018. La chronique qui en est faite m'a semblé assez fidèle à ce que fut cette révolte. Et aux espoirs qu'elle suscita. On peut voir dans le film la fraternité sur les rond-points, la terrible répression policière et judiciaire qui s'en suivit. On a des gilets jaunes décorés par des slogans, des cabanes, parfois brulées, sur les rond-points, des personnes qui partent à Paris pour manifester. On a les stigmates sur les corps des manifestants brutalisés et les rafles préventives. Et l'espoir qui s'amenuise au fil du temps, face à un régime qui ne répond aux revendications que par la brutalité.
Plus qu'une véritable histoire intime, celle du couple Karine-Jimmy permet au réalisateur de mettre en scène avec beaucoup de justesse la confrontation de deux points de vue. Karine est idéaliste, peu politisée à la base, mais veut absolument croire que les gilets jaunes finiront par être entendus et que les politiciens feront quelque chose pour les couches les moins favorisées de la population, dont elle fait partie en tant qu'ouvrière. Son mari, Jimmy, petit patron dans le transport routier, accepte avec fatalisme sa destinée, qui comporte pourtant son lot de galères et de mauvais coups. La démarche collective versus la démarche individuelle, en fait. Les deux interprètes jouent avec une sobriété de bon aloi, ce qui donne au film un parfum de réalisme. Et fait de l'ensemble un drame social plutôt bien réussi.
Mais quelle tristesse à voir l'un et l'autre se débattre avec leur vie, engagés sur des voies divergentes, mais qui concourent au même but : améliorer leur vie. Mais, sept ans après, Macron est toujours au pouvoir et continue envers et contre tous à mener une politique rejetée par une très large portion de la population.