Mi-cascadeurs, mi-gangsters, Jean Bouise et Serge Reggiani s'associent à Michel Constantin pour cambrioler une banque.
Robert Enrico réalise un polar énergique mais peu convaincant parce que sa mise en scène manque de réalisme et qu'il brasse divers thèmes inaboutis ou mal traités. Le scénario, peu original en matière de gangstérisme, apparait vite artificiel et mal ficelé, plus bricolé que réfléchi. Le film produit beaucoup de complaisances et de clichés sur le milieu de la pègre, tels l'amitié et le code d'honneur entre truands -qui rapprochent le film d'Enrico de ceux de José Giovanni, ce dont on ne s'étonnera pas compte tenu des nombreuses collaborations entre les deux.
Mal dirigés, grossièrement ébauchés, les personnages (surtout les seconds rôles et les figurants) sont souvent faux. C'est flagrant notamment dans cette séquence quai grotesque où les pensionnaires d'une prison, hommes et femmes, sont tout joyeux -jusqu'à l'orgie!-d'être sortis de prison
par un Reggiani venu libérer son filleul Patrick Bouchitey.
Ce dernier et son amie sont un couple d'amoureux, pris dans une cavale et comme les victimes expiatoires de la guerre entre les bandits et une société repressive;
ils incarnent la jeunesse et la liberté bafouées par leurs ainés. Le thème est d'autant plus maladroit qu'il n'est pas argumenté. Il résume à lui seul le film.